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MacLENNAN, MALCOLM BRUCE, ouvrier et chef de police, né vers 1873 près de Montague Bridge (Montague, Île-du-Prince-Édouard), fils de Duncan McLennan et de Margaret Bruce ; le 7 septembre 1904, il épousa à Vancouver Kate Burpee, et ils eurent deux fils ; décédé le 20 mars 1917 à Vancouver.

Malcolm Bruce MacLennan grandit dans une ferme de l’Île-du-Prince-Édouard, au sein d’une famille presbytérienne de neuf enfants. Comme beaucoup d’habitants de cette province, il partit pour Boston, puis s’installa en Colombie-Britannique, où le rejoignirent d’autres membres de sa famille – trois frères et une sœur. En 1901, après avoir travaillé plusieurs années dans la construction, l’industrie du bois et la charpenterie, Mac, comme on le surnommait, entra dans la police de Vancouver. La ville connaissait alors une croissance spectaculaire. MacLennan, qui était un homme de forte carrure, fut promu sergent de patrouille en 1907, sergent de poste en 1909 et inspecteur adjoint en 1910. Dans le courant de son existence, il appartint notamment à la franc-maçonnerie, à l’ordre d’Orange, à l’Independent Order of Odd Fellows et au Prince Edward Island Club de Vancouver. Dans un panégyrique, on dirait qu’il avait « évité soigneusement les embarras de la vie politique ».

MacLennan fut promu inspecteur d’état-major en 1912 sous l’autorité du chef Rufus Gardner Chamberlin. La même année, à l’occasion des désordres survenus parce que les autorités tentaient d’empêcher les Industrial Workers of the World de tenir des assemblées dans les rues, MacLennan gagna le respect des syndicalistes modérés. En 1913, au moment du départ de Chamberlin, il devint sous-chef, puis, le 9 janvier 1914, chef de police. Il prit alors comme sous-chef William McRae, lui aussi originaire de l’Île-du-Prince-Édouard. (À ce moment-là, environ 5 % de la population de Vancouver provenait des Maritimes.) MacLennan était bien disposé envers les simples policiers, et sa première initiative en matière d’administration fut de tenter d’obtenir pour eux un jour de repos hebdomadaire. Le conseil municipal, qui, d’une façon générale, hésitait à dépenser pour la police, ne put pas appuyer cette proposition. Du point de vue du nombre, Vancouver avait alors la quatrième force de police municipale du dominion, et pourtant, le quartier-général, ainsi que les dépôts et le tribunal de police, étaient entassés dans un entrepôt de la rue Railway.

MacLennan dirigea la police de Vancouver pendant une période troublée : récession, inquiétude de la classe moyenne devant les chômeurs de passage, incident du Komagata Maru [V. Mewa Singh] débuts de la Première Guerre mondiale, enregistrement des ressortissants des pays ennemis, glissement vers la prohibition, utilisation croissante de véhicules motorisés. En partie à cause du recrutement militaire et de la baisse des salaires des employés municipaux, le personnel de son service comprenait moins de 200 hommes en 1917 alors qu’il en avait compté 286 en 1914. Par contre, les délits commis dans la voie publique diminuèrent et le travail de la police devint plus facile parce que la population se montra plus disciplinée dans les premières années de la guerre. En partie parce que son mandat fut bref, MacLennan ne fut éclaboussé par aucun des scandales qui entouraient presque inévitablement l’application des lois sur les mœurs.

Pendant la guerre, les réformateurs qui réclamaient des châtiments sévères pour les contrevenants aux lois sur la moralité publique ne relâchèrent pas leurs pressions, mais certains membres du bureau des commissaires de police voulurent isoler un district où l’on tolérerait le vice. Cette question donna lieu à de vigoureux débats. D’après les indices relevés dans la presse et dans les archives de la commission de police, MacLennan lutta surtout contre le jeu dans le quartier chinois (cible des « nativistes » et des réformateurs moraux), la prostitution et les drogues illégales. En 1916, sous des pressions politiques, la police fit des descentes dans 26 maisons de jeu, 173 bordels et 169 fumeries d’opium. Cette année-là, elle arrêta plus de 1 000 Vancouvérois d’origine chinoise, ce qui représentait un quart du total annuel des arrestations.

Le chef de la police de Vancouver s’intéressait aux questions de justice criminelle, et appartenait à la Chief Constables’ Association of Canada, fondée en 1905. Il assista au congrès de Winnipeg en 1914 et à celui de Kenora, en Ontario, en 1916. Il songeait à créer une organisation de ce genre dans le sud de la partie continentale de la Colombie-Britannique. En outre, il était favorable à la fusion des forces de police de cette région et à la centralisation de leur administration. En 1917, il réclama d’urgence l’ouverture d’un centre provincial de traitement pour les toxicomanes, dont la présence affolait périodiquement, sur le plan moral, la population de Vancouver. Selon lui, l’incarcération ne suffisait pas à régler le problème des drogues. De plus, il soutenait ceux qui tentaient de détourner les jeunes d’un mode de vie propice à la toxicomanie. Reprenant une idée adoptée par la Chief Constables’ Association of Canada en 1913, il réclama l’établissement d’une école de réforme pour les jeunes qui avaient passé l’âge d’être classés comme jeunes délinquants. Entre-temps, la police devait quand même s’occuper de la situation. En janvier 1917, dans un rapport au bureau des commissaires de police, MacLennan expliqua que, pour éviter de grever le budget municipal en gardant des détenus en prison, la police donnait souvent aux toxicomanes la possibilité de quitter la ville.

Le 20 mars 1917, un malfaiteur originaire de Detroit, Robert Tate, se barricada dans un logement de la rue Georgia East avec sa compagne, Frankie Russell, et un petit arsenal. Tate avait déjà été appréhendé pour possession d’opium, voies de fait et proxénétisme. Frankie Russell, une « femme dépravée » et « une Blanche du monde interlope » selon le Vancouver Daily Province, était bien connue de la police elle aussi. Au début, il s’agissait d’une querelle à propos du loyer, mais elle dégénéra à tel point que le propriétaire de Tate et plusieurs policiers furent blessés et qu’un témoin âgé de huit ans fut tué. Puis, MacLennan fut tué par balle à son tour lorsque la police prit d’assaut le logement du « fameux desperado de couleur ». Selon la presse, la foule aurait été ravie de lyncher le tueur. Tate retourna cependant son arme contre lui, ce qui mit fin au siège. On trouva une aiguille hypodermique et des traces de morphine près du cadavre.

Malcolm Bruce MacLennan était le cinquième policier tué au Canada en l’espace de cinq ans. Il fut aussi l’un des rares officiers supérieurs de police canadiens à mourir pendant ses heures de service. Les circonstances dramatiques de sa mort ravivèrent l’angoisse des Vancouvérois d’origine britannique à l’égard des gens de passage, des drogues, de la prostitution et des armes à feu, ainsi que des liens entre la race et la déviance. Les obsèques de MacLennan eurent lieu en même temps que celles de l’autre victime de Tate. Jusque-là, à Vancouver, on avait rarement vu autant de gens à des funérailles.

Greg Marquis

AN, RG 31, C1, 1881, Kings County, Î.-P.-É., Lot 66 ; 1891, Queens County, Î.-P.-É., Lot 62.— City of Vancouver Arch., Police commission, minutes, 1912–1920 ; papers, 1914–1918.— PARO, RG 19, sér. 3, sous-sér. 3, 10 mars 1871.— Daily World (Vancouver), 21 mars 1917.— Vancouver Daily Province, 7, 9 janv., 4, 8 juin 1914, 24 févr., 21, 23, 27 mars 1917, 18 juin 1918.— Vancouver Daily Sun, 21–23 mars 1917.— Chief Constables’ Assoc. of Canada, Proc. of the annual convention (Toronto), 1914–1916.— Annuaire, C.-B., 1901.— Mark Leier, « Solidarity on occasion : the Vancouver free speech fights of 1909 and 1912 », le Travail (St John’s), 23 (1989) : 39–66.— Norbert MacDonald, « “C.P.R. town” : the city-building process in Vancouver, 1860–1914 », dans Shaping the urban landscape : aspects of the Canadian city-building process, G. A. Stelter et A. F. J. Artibise, édit. (Ottawa, 1982), 382–412.— Greg Marquis, « Canadian police chiefs and law reform : the historical perspective », rev. canadienne de criminologie (Ottawa), 33 (1991) : 385–406.— Joe [G. M.] Swan, A century of service : the Vancouver police, 1886–1986, [L. E. Richardson, édit.] ([Vancouver], 1986).— Vancouver, Board of police commissioners, City of Vancouver, B.C., Police Department, nineteen hundred and twenty-one, [W. A. Barnes et R. F. Cook, édit.] ([Vancouver, 1921 ?]) ; Chief constable, Annual report, 1915 (exemplaire aux City of Vancouver Arch.).

Bibliographie de la version révisée :
BCARS, GR-2962, no 04-09-050700.

General Bibliography

Cite This Article

Greg Marquis, “MacLENNAN, MALCOLM BRUCE,” in Dictionary of Canadian Biography, vol. 14, University of Toronto/Université Laval, 2003–, accessed 16 avril 2024, http://www.biographi.ca/en/bio/maclennan_malcolm_bruce_14E.html.

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Author of Article:   Greg Marquis
Title of Article:   MacLENNAN, MALCOLM BRUCE
Publication Name:   Dictionary of Canadian Biography, vol. 14
Publisher:   University of Toronto/Université Laval
Year of publication:   1998
Year of revision:   2019
Access Date:   16 avril 2024